Ce sera Trump (against all odds)

BREVES

La nouvelle, tombée vers 9 heures ce matin secoue les rédactions du monde entier.  Donald Trump sera le 45ème Président des États-Unis d'Amérique.  Les marchés boursiers dégringolent et les politiciens européens -mais aussi la presse aux ordres- sont en train de mettre la dernière touche à ce qui restera l'un des plus beaux exemples de rétropédalage dans l'histoire de la propagande moderne.

Le peuple a mal voté, changeons le peuple (Berthold Brecht)

Oh, nous aurons bien droit, ça et là à une petite intervention minute du piposophe BHL, ou de Daniel Cohn-Bendit pour nous dire combien cette élection représente une régression, et que, parfois, les électeurs, vous savez, on pourrait peut-être se passer de leur demander leur avis, tant ils sont peu dignes de décider qui devra les diriger.  La preuve !

On n’avait pas véritablement pris le pouls de l’opinion (Le Monde)

Dans une plus large mesure, nous entendrons, comme je l'entendais peu avant 10h les intervenants, et les commentateurs politiques vanter le changement complet qui s'est produit dans le chef de Donald Trump, qui sitôt se sachant élu, a endossé le costume présidentiel pour tenir un discours à milles lieues (vous m'entendez ?), milles lieues des invectives lancées durant sa campagne.  Manière de justifier un virage à 180° dans leur discours.

C'est vrai qu'il va falloir désormais faire preuve d'imagination et de souplesse, pour les médias qui nous ont gavé jusqu'à la dernière minute de sondages les plus flatteurs en faveur d'Hillary Clinton, et qui la plaçaient, encore hier soir à plus de 5 points devant son rival.  À les entendre, c'était déjà plié, plus de 84% de chances de victoire pour les démocrates, une majorité de grands électeurs lui étant déjà acquise (comme si pareille chose était seulement possible).

Bref, une sérieuse douche froide qui, cinq mois après le Brexit devrait servir de piqûre de rappel aux élites.  Eh oui, l'élection permet encore de rebattre les cartes, même quand l'ensemble des médias et du pouvoir politique font tout ce qu'ils peuvent pour l'empêcher.

Trump sera-t-il un bon président ?

Je serais tenté de dire que de ce côté-ci de l'Atlantique, nous ne sommes pas trop concernés s'agissant de la politique intérieure américaine.  D'ailleurs, j'ai toujours été proprement stupéfait que nos médias européens aient procédé à une telle campagne médiatique pour nous vendre les innombrables qualités de la candidate démocrate, et pour dépeindre Donald Trump comme un repoussoir.  Après tout, nous ne sommes pas concernés, direz-vous.  On ne nous demande pas notre avis quant à la manière de mener la politique américaine, et il ne viendrait pas à l'esprit des Américains de vouloir diriger la poli...  Ah, ben si, un peu quand même !

Alors s'il est difficile de dire ce que fera Donald Trump à la présidence, en tout cas il n'a rien à se reprocher jusque-là, ce qui n'est pas exactement le cas d'Hillary Clinton dont on a pu mesurer les ravages lorsqu'elle était Secrétaire d'État.

Ainsi, on peut se prendre à espérer que le nouveau président élu mettra un frein à la politique impérialiste des États-Unis sur la scène internationale, particulièrement au Moyen-Orient, ravagé par les guerres néocoloniales successives.

Un président rassembleur ?

Il est certain que le nouveau président cherchera à rassembler autour de lui les forces vives du pays, et même si le congrès lui est acquis, il a tout intérêt à se présenter en rassembleur, d'abord au sein même du parti républicain qui était très divisé sur le soutien à sa personne, et ensuite face à tous les déçus, qui avaient choisi de soutenir Bernie Sanders ou Jill Stein.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, le candidat Trump avait juré de tout faire pour qu'Hillary Clinton soit poursuivie en justice, et je n'ai pas l'impression que le président qu'il est devenu aura oublié cette promesse qu'on retrouvait jusque sur les t-shirts de campagne.  Et cette fois, le DOJ (Departement of Justice) ne pourra guère s'y opposer.  Plus question non plus d'être tenue directement au courant via l'assistant du Procureur général. 

Une fois en place la nouvelle administration, peu de chances que vous y trouviez beaucoup de gens enclins à soutenir l'ancienne secrétaire Clinton ou son mari volage.  Les comptes de la Fondation Clinton seront méticuleusement épluchés et s'ils contiennent la moindre irrégularité, soyez sûrs que cette fois, la justice suivra son cours.

Sachons apprécier ces trop rares petits moments de bonheur que nous offre le système électoral !

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