Macron défend La Ghouta mais écrase le Yémen

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L’occupant du palais de l’Elysée a pris parti pour le maintien des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite alors que nous savons pertinemment que ces dernières seront utilisées contre le Yémen.

Illustration: planche de protozoaires munis de cartes d’électeurs.

Le président philosophe, qui a affirmé récemment que Bachar El Assad s’en prenait aux civils syriens, ne voit manifestement pas d’inconvénient à ce que le régime de Riyad s’en prenne aux civils yéménites. Les raisons de ce choix ne doivent pas être cherchées dans une quelconque méchanceté du premier de cordée autoproclamé de notre République en sommets étroits et en pentes escarpées mais dans la nécessité qu’il incarne de remplacer une politique étrangère en état de mort clinique par l’impérieuse satisfaction de l’appétit des marchands de canons.

Qu’importe que l’Arabie saoudite ait été à plusieurs reprises, comme l’ont montré Christian Chesnot et Georges Malbrunot dans Nos très chers émirs, un mirage trompeur pour le commerce français et qu’importe aussi qu’elle reste avant tout la cliente du complexe militaro-industriel étasunien, car elle a été, comme le rappelle le magazine Challenges, « le second client de la défense française derrière l’Inde entre 2007 et 2016 ». Cette continuité de fond entre les présidences de Sarkozy et de Hollande en dit long sur la valeur du changement promis par le sacro-saint suffrage universel. Succédant à un agité de droite dure et à une baudruche de droite hypocrite, Macron le décomplexé maintient le cap et achève de vendre la France au régime de Riyad. Et, pendant que de la main gauche, il facilite le bombardement des populations civiles du Yémen, de la main droite, il cherche à écraser la république laïque syrienne plongée depuis sept ans dans un torrent de feu alimenté par Paris et ses alliés/commanditaires.

On constate une fois de plus, mais il est devenu très banal de le dire, que le Premier Costard de la République n’a pas renouvelé la politique, contrairement à ce qu’il avait promis aux gogos-votants pendant une campagne présidentielle où l’imbécillité l’avait définitivement emporté sur toute forme d’intelligence y compris unicellulaire. Il n’a pas renouvelé la politique mais l’a détruite, comme on pouvait s’y attendre, en lui substituant définitivement les projets du business et en transformant le cirque démocratique au chapiteau déjà criblé de salves néolibérales en boui-boui crasseux où une mafia opaque fait ses tours de passe-passe dans le mépris assumé d’une vox populi soigneusement divisée par les promesses du Mensonge.

L’autre grand changement apporté par son parti artificiel aura été de remplir l’hémicycle d’une majorité de nouveaux venus arrogants et radiocommandés, avec, dans le dos, un boîtier de piles alcalines qui leur a permis d’applaudir vingt-quatre heures sur vingt-quatre et ce, depuis bientôt un an, toutes les propositions de lois offerte par une dictature quinquennale en marche arrière. Une dictature que l’inertie nationale reconduira sans doute, si personne n’injecte, entre temps, une dose salutaire d’esprit critique dans les têtes dégonflées de nos électeurs dévertébrés et incapables de décréter l’ouverture d’un chapitre historique libérateur.

Nous voici donc partis pour cinq années de non politique étrangère et de oui politique business dévalant le lit creusé des trahisons déjà opérées sous les deux précédentes présidences bien nourries aux frais de la nation.

Article original sur la page Facebook de Bruno Adrie

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